25 sept. 2019

3115m au Gornergrat

Après la pluie de l’avant-midi, le reste de la journée s’annonce bien. Je fais vite mon sac à dos, et je pars en vitesse. Je monte donc en altitude, et ce sera jusqu’à 3115m au point d’observation 360 au Gornergrat. 


Je quitte donc l’hôtel en vitesse pour me rendre à la station de train qui relie Zermatt au Gornergrat pour prendre le train de 12h48. Le trajet ce fait en 60 minutes. Une fois arrivée à la station de Riffelberg à 2200m, un afficheur annonce -4C au sommet. Oups! Je suis parti trop vite. Faut croire que je me pensais encore en été avec ce soleil. J’ai oublié ma tuque et mes gants chauffants (je n’ai que mes gants de vélo d’été). J’ai toutefois ajouté dans mon sac mon col Icebreaker. 



En poursuivant la montée, il y a une trail de descente en construction. Je vais peut-être pouvoir l’essayer en primeur. 




Arrivé à Riffelberg, il annonce -2C, ce sera froid pour les mains et la tête. Pour le reste, je roule en kit de ski fond depuis mon arrivée. 


Je poursuis la montée jusqu’à Rotenboden à 2815m pour sortir du train. Il fait très froid toutefois, avec mon kit complet de ski de fond, je suis au chaud sauf pour la tête et les mains. J’ai oublié hier soir de charger ma caméra, elle restera dans mon sac à dos tout l’après-midi sur la charge avec mon battery pack. Les photos seront donc prises avec mon iPhone ce qui fera ressortir les bleus plus bleus que bleus. Dans les hauteurs du lac Riffelsee, je regarde mon Garmin et j’y vois un sentier qui longe en hauteur le glacier du Gornergrat. Tant qu’à geler, pourquoi ne pas se rapprocher du congélateur naturel. 



Ça ne fait pas 10 minutes que je roule que j’ai les mains gelées. J’en profite pour faire deux arrêts photos le long du sentier jusqu’à ce qu’il devienne plus accidenté.









Demi-tour, direction Riffelsee. Au passage juste avant Riffelsee, il y a un lac asséché. Je suis surpris, lors de mes trois dernières visites, il y était. Arrivé au Riffelsee, c’est toujours aussi beau, moins vert que mes autres visites, automne oblige. Les petites fleurs ouatées blanches tombent déjà en hibernation. Pause photos. Un léger vent vient brouiller un peu la réflexion du Matterhorn sur le lac. C’est magnifique même en automne. 






Je poursuis ma descente devant un autre lac sans nom et je descends. Je descends encore plus bas en abandonnant le sentier no1 de MTB pour emprunter un sentier de randonneurs plus bas. Je connais tous les sentiers ici pour les avoir roulés en 2015 et 2018. Aucune chance de me perdre, je suis en terrain connu. 






Arrêt photos et mon estomac cri famine. Oups, j’ai oublié lors de mon départ rapido d’aller acheter un sandwich. Je prends donc la direction de Riffelberg où il y a un restaurant pour manger chaud et au chaud. Chemin faisant, j’en profite pour arrêter à la petite chapelle de Riffelberg avant de descendre au restaurant.













Malheur, il n’y a pas un chat et les portes sont fermées à clé. Le restaurant est fermé. Je remonte à la station de train et je demande. Tous les restaurants de montagne sont fermés depuis la mi-septembre. Ils ouvriront leurs portes avec la saison de ski qui devrait débuter à la mi-novembre. Oups! J’ignorais. J’ai le choix d’attendre l’ouverture de la saison de ski, trop long et j’ai vraiment faim. Second choix est de descendre à Zermatt, et troisième option, monter au Gornergrat, où il y a le seul restaurant ouvert 365 jours. J’attends donc 17 minutes pour prendre le prochain train. 


Arrivé au sommet à 3089m, je monte au point 360 à 3115m pour les photos d’usage. Je redescends au restaurant pour manger. Pas question de rester à l’intérieur comme beaucoup de touristes gelés. Je mange à l’extérieur et il est déjà 15h. Ce sera le spaghetti al ragu mangé le plus haut en Europe, et ce privilège à un prix. 28CHF sans boisson. Au menu pour les plats chauds, c’est le moins cher du lot. Le spag se refroidissait plus vite qu’il se consumait. 






Plein d’énergie complété, c’est la descente jusqu’à Zermatt. Oui il fait froid et j’aurais les doigts gelés jusqu’à 1900m où le différentiel de température me frappera. Je vais carrément improviser un parcours à travers les herbes jusqu’à Riffelberg. Au départ du Gornergrat, je suis la route de montagne jusqu’à 2800m d’altitude puisqu’au-dessus de cette hauteur, c’est très rocheux et acéré comme surface. Après, la surface est sur fond dur et rocheux pour ensuite devenir sur l’herbe. Il faut quand même faire attention aux trous et roches cachés par l’herbe.





De retour à Riffelberg, je passe derrière le restaurant pour découvrir une nouvelle piste de MTB. La première section est ouverte et la seconde plus bas, est toujours en construction. En arrivant au niveau des travailleurs, je demande si je peux essayer la section en construction. Dans un anglo-allemand-suisse, je comprends que ça peut encore défoncer, mais ça passe. Pour la section en train d’être compacté, je dois marcher à côté pour poursuivre ce qu’il reste du sentier, qui finit nul part. 







En sortant de la trail, j’emprunte un étroit sentier de randonneurs pour joindre Riffelalp. À mon arrivée, les moutons bloquent le sentier. Je demande le passage et on me laisse passer. 







De Riffelalp, il reste encore une très longue descente. Pour éviter le chemin de services de montagne, je bifurque dans un sentier de randonneurs pour joindre Furi. C’est très très accidenté et pentu par endroits. Les roches les plus acérées sont marquées de rouge. Je suis sur le tracé de la compétition de la veille. À mi-chemin, plus de freins. J’ai bien apporté avec moi des plaquettes pour mon MTB, mais elles ne sont pas compatibles avec ce vélo. Direction bike shop pour changer les freins avant et arrière, un ajustement des pédales et un huilage des composants mécaniques. Ce vélo m’a été livré avec chaine/cassette à sec. 



Retour à l’hôtel après un petit 29km cet après-midi dans les hauteurs du Gornergrat. Le ciel se voile à nouveau et il pleuvra en soirée et cette nuit. Après la douche et la lessive à la main, j’entends des cors de montagne jouer. Cool, je m’habille et je sors à la course pour trouver d’où ça joue. Je n’ai pas grande distance à faire, c’est Bernard et son groupe qui se pratique sur le terrain de l’hôtel. J’aurais droit à cinq pièces. Il ne manque que leurs costumes et d’un ciel découvert. 




Après ce mini concert, je décide de manger à l’hôtel, au restaurant le Spycher. Bernard, comme à l’habitude vient faire la jasette avec ses clients et profite de mon résumé de la journée. Au menu ce soir, magret de canard au miel avec rösti. Dessert trois chocolats sucrés et l’addition salé, comme partout à Zermatt.