La pluie de la nuit s’est prolongée jusqu’à midi. Je décide tout de même d’enfourcher mon vélo et partir de l’hôtel. Il est passé 12h30. Arrêt encore au bike shop pour un ajustement et à la boulangerie pour un sandwich. Les joies de louer un vélo de montagne est qu’ils sont malheureusement mal traités et moins bien entretenus. À 90CHF par jour, c’est cher payer, mais puisque mon vélo ne pouvait pas faire le voyage, je n’avais pas d’autres choix. Bien sûr, j’aurais payé moins cher en louant un vélo qu’avec la suspension avant, mais avec les sentiers ici, il faut un double suspension avec un minimum de 150mm de débattement.
Il pleut sur Zermatt et dans les hauteurs. Vers le nord, le ciel se dégage, alors pourquoi ne pas faire le sentier des muletiers qui va justement vers le nord. Le sentier des muletiers est l’ancienne route d’alpage pour joindre Zermatt à partir de Visp. Aujourd’hui, il n’y a que les randonneurs et vététistes qui l’utilisent.
Je tourne un peu en rond afin de trouver le début du sentier. Les sentiers sont formidablement bien drainés ici, même avec la pluie, aucune trace d’eau. Il y a de rares trous de bouette, autrement c’est mieux que l’asphalte. Le sentier sera fait en descente vers Visp. C’est une descente de 36km sur 1000m de dénivelé négatif. Il y aura quand même 250m à monter avec une pente de plus de 65 degrés à un endroit, c’est plus de 170%. En quittant Zermatt, il faut monter un peu pour mieux redescendre dans la vallée.
Depuis que j’ai quitté Zermatt, il y a un hélicoptère qui fait l’aller-retour en moins de 7 minutes entre une cimenterie et l’un des sommets. Le plein de ciment se fait en quelques secondes et il disparait à nouveau dans les nuages.
Le sentier est partagé entre randonneurs et vététistes. Lorsque la pente est trop pentue pour descendre, le sentier se sépare en deux, randonneurs d’un côté, et vététistes de l’autre. L’avantage à vélo, c’est que c’est aménagé pour la descente.
Ça fait déjà quatre fois que je monte à Zermatt en train et j’ai toujours vue cette croix sur un très gros rocher. Eh bien en passant à côté à vélo, je suis allé voir. Il s’agit d’une chapelle creusée à même le rocher. Une chose est sure, le toit de la Fuxstein Kapelle est solide comme du roc.
Je poursuis la descente. Chemin faisant, je croise un aigle, des chèvres, des vaches, des ânes, des chevaux miniatures, tous en train de manger. Ben moi aussi, je vais m’arrêter à mi-chemin pour manger non pas du foin, mais mon sandwich.
Je poursuis ma descente tantôt sur le sentier des muletiers, tantôt sur un sentier de randonneurs, et à St. Niklaus, dans le village.
À Kalpetran, une indication dirige vers la gauche. Il faut que je monte une pente de plus de 65 degrés. Ce sera en poussant sur le vélo. Impossible de demeurer en selle. De plus avec des cales sous les souliers, la roche est glissante. 110 mètres plus haut, de retour sur le sentier des muletiers à flanc de montagne. À certains endroits, il faut regarder bien en avant, pas autour, parce qu’une seule erreur et c’est la chute plus de 200 mètres plus bas.
Rendu à Stalden-Saas, le sentier laisse sa place à la route. Il reste probablement une section en sentier, toutefois Visp est à quelques 5km. Au lieu de rouler sur la route jusqu’à Visp, je prends donc le train à Stalden-Saas pour remonter à Zermatt 36km plus haut. Il en coutera 30,50CHF.
Une fois de retour à Zermatt un peu après 16h00, douche et je profite enfin du beau temps pour faire le tour du village à pied (ça prend moins de 20 minutes). Je croise Judit et sa collègue dehors devant la boutique. Elle me demande si je vais repartir avec la Ferrari GT. Hélas non. Je préfère revenir plusieurs autres fois en Suisse à la place. Alors revenez nous voir l’an prochain. Bien sûr.
Avec toute la ouate qui masquait le sommet du Matterhorn, dame nature a finalement recouvert de neige toute la face Est du rocher.
Pour le souper, je demeure au Spycher. Il y a toujours la Hausgemachte Zermatter Heusuppe (soupe au foin de Zermatt), meuuuh je n’essaie pas. Je vais plutôt prendre un bon filet mignon avec rösti et petits légumes, vino rosso, un dessert sucré au chocolat bien sûr, et finalement une facture salée portée à ma chambre comme à l’habitude.
Ah oui, avant d’aller souper, je descends au sous-sol faire une brassée. Kajia m’accompagne pour m’ouvrir la porte. J’opte normalement pour le cycle complet qui dure 1h40 avec l’essorage complet. Ça me coûte 5CHF à chaque fois. Cette fois-ci, Katja programme le demi-cycle. Elle voulait probablement m’offrir le lavage gratos. Je lui donne quand même 5CHF. Après souper, je récupère ma lessive. Le demi-cycle s’est complété mais l’essorage n’a comme pas fonctionné. Mon linge trempe dans l’eau savonneuse. Je le sors tout mouillé. Avec l’humidité dans l’air, il ne séchera naturellement pas pour demain matin.